Jan. 18, 2016

Le temps d'un reve

Mardi 29 marque le début d’un rêve. Nous nous réveillons tôt et nous rendons à 7hr sur la place de San Blas d’où nous attendons notre bus. Apres 30min d’attente arrive finalement notre transport : un bus bleu de 15 places un peu miteux, de ceux qui vous engourdie les fesses après quelques minutes de trajet. La première heure nous longeons les rives du fleuve Urubamba au fond de la vallée sacrée jusqu’à arriver à Ollantaytambo (seul village du Pérou à avoir intégralement conservé son plan Inca). De la commence une rude montée de 1 heure environs, nous menant à flanc de montagne jusqu’à toucher les nuages. Au fur et à mesure de la montée nous enfilons blousons, bonnet, écharpes et gants. Nous passerons finalement un col situé à 4316 mètres d’altitude, et la… plus rien !

Nous sommes dans un épouvantable brouillard, ne voyant qu’à quelques mètres. Les 2 prochaines heures se passeront donc à redescendre le col, sur une route extrêmement sinueuse et en très mauvais état, longée de falaises abruptes et dans un brouillard de folie… pas de quoi en faire tout un plat ! Arrivé tout en bas, nous nous arrêtons quelques minutes le temps de déjeuner (un peu expédié) avant d’emprunter un chemin en terre que nous suivrons pendant plus de 2 heures. Route extraordinaire, coupé de tout, dessiné à  flanc de montagne. D’un côté l’imposante cime des montagnes, vertigineuse et verticale. De l’autre une falaise, raide, nous invitant à faire le grand plongeon dans la jungle. Route étroite, remplie d’éboulis, sur laquelle nous traversons des rivières et ponts fait de simple planche de bois, sacrement branlant. On se croirait dans un film d’Indiana Johns, à fond, les roues passants à quelques millimètres du vide… il ne manquait qu’un groupe d’Incas nous poursuivant, arc et flèches en main... Fallait avoir le cœur solide !

Nous arrivons finalement saint et sauf à HydroElectrica (une centrale Hydro-électrique) d’où nous débutons une superbe marche de 2hr au milieu de la jungle, le long du chemin de fer longeant le fleuve! Arrivé à Aguas Calientes (village, ou plutôt usines à touriste) notre guide nous disperse dans nos chambres respectives. Tout juste le temps de nous poser quelques minutes et nous repartons, rendez-vous sur la place avec le reste du groupe. De là, nous achetons nos tickets, puis nous rendons dans un petit restaurant donnant sur la voix ferrée au centre du village pour le diner. Moment sympathique en compagnie des 3 Américains qui partagent notre table.

Le lendemain, nous nous levons avant que l’idée de chanter n’ai traversé l’esprit des coqs. Nous entamons à 4hr notre marche dans le noir jusqu’à l’entrée du fameux sentier… ou plutôt du fameux escalier de 1716 marches! J’arriverai au sommet parmi les premiers en 35 minutes, avant les bus… sa pique les mollets! Nous attendons ensuite l’arrivée de notre guide et de son petit drapeau gris (pour pouvoir le repérer dans la cohue), et commençons enfin la visite du site.

Le site est bien entendu EXTRAORDINAIRE, autant pour la précision et la beauté de ses constructions, que pour l’environnement dans lequel il est situé. Ce village, à l’époque composée d’environ 30.000 habitants, est construit sur le sommet plus ou moins plat d’une montagne, dominant les vallées et montagnes alentours, ainsi que la rivière en contre bas. Les ruines sont superbement bien conservées. Nous visitons le quartier résidentiel composé de 108 maisons pouvant accueillir environs 900 personnes de haut rang ; un dédale de petits escaliers et de couloirs. Nous visitons également la maison de l’Inca situé près du très beau temple du soleil. Ensuite la visite nous mène à la « zone des temples », petit espace constitué de 2 autres temples et de la maison du grand prêtre. De chaque côté, les terrasses agricoles descendes en cascade à flanc de montagne. C’est ici que nous nous rendons vraiment compte du nombre de touristes… impossible de prendre des photos sans bousculer une bonne 50ene de personnes, dommage. Un ingénieux système de tunnels et de canalisations transportes l’eau du sommet d’une montagne jusqu’aux nombreuses fontaines et terrasses du site. Encore plus extraordinaire, la précision de leurs calendrier solaire. Les Incas fonctionnaient avec les équinoxes. À celle du 21 Juillet, le premier rayon du soleil se faufile par un col de montagne de l’autre côté de la vallée, passe une étroite fenêtre du temple et viens délicatement se poser sur un point précis du calendrier gravé dans la pierre. Même principe pour l’équinoxe de Mars, le premier rayon du soleil se faufile par un autre col de montagne, passe une autre étroite fenêtre du même temple, et viens ce poser sur un autre point précis du même calendrier. Mais cette fois-ci le col en question est trop large pour contenir le premier rayon du soleil, de ce fait, les Incas l’ont combler avec un mur et une porte (la porte du soleil) afin de contenir le premier rayon du jours comme souhaité… moi je dis chapeau !

Une fois le tour guidé terminé, nous nous rendons au mirador surplombant le site, de là, nous avons une vue à couper le souffle sur les environs et le site. Vraiment, à ce moment précis, le temps s’arrête ! Spectacle époustouflant, bluffant, sensationnel, extraordinaire, magique… tout ce que vous voulez ! J’y suis, au Machu Picchu, merveille du monde, et je viens de réaliser un rêve…