Mar. 3, 2016

L'Alpamayo Trek - Mi Janvier

Mardi matin, c’est avec une multitude de sentiments que je quitte l’association pour commencer mon périple. Sont au rendez-vous la tristesse, la peur, l’angoisse, l’excitation et l’impatience. Une multitude de sentiments qui ce succèderont pendant que défile les kilomètres.

Apres un long périple, j’arrive finalement à Huaraz mercredi, aux petites heures du matin. Il fait encore nuit et froid. Je prends la direction de la “plaza de armas” et m’installe sur un banc ou je somnole plusieurs heures, attendant que les agences ouvres leurs portes. Je passerai donc la journée à vadrouiller d’agence en agence afin de collecter le maximum d’information sur le Trek qui m’attend. J’achète une carte détaillée des montagnes et fais mon stock de nourriture pour les 8 prochains jours. Uniquement des choses facile à préparer, qui ne demande aucune cuisson et qui ne s’abimerons pas: Petit gâteaux, pains, jambons, fromage, confiture, lait en poudre et une sorte de porridge. Tout est près, je prends donc la direction de Caraz, une petite ville dans les montagnes, située à environ 1 heure de Huaraz. C’est là-bas que j’ai prévu de passer la nuit et commence donc tôt mon “door to door” afin de trouver un endroit ou passer la nuit. Bien entendu, je cumule les refus, mais trouve finalement vers 4pm une famille sympathique qui accepte de me loger pour la nuit. Je passe donc mon après-midi en leurs compagnies dans leur petit restaurant. Vers 6pm, le mari fait son apparition, et me met très gentiment dehors… génial! Je viens de perdre 2 heures, je suis sans logement et la nuit commence à tomber. C’est donc repartit pour le door to door. Apres un moment, je tombe sur une femme très gentille qui accepte de me loger, me donnant une chambre encore en construction, située sur le toit de la maison. Très rustique, mais au moins j’ai un endroit sure ou passer la nuit. Je passe la soirée en sa compagnie, papotant avec ces enfants et contemplant le coucher du soleil derrière les monts enneigé. Nous dinons assez tôt, une soupe, plutôt bonne, et passons vraiment un superbe moment de partage.
Vers 12pm, alors que je m’installe dans mon sac de couchage et me prépare à dormir, son mari fais son apparition et… une fois n’est pas coutume… me met à la porte, cette fois-ci embarquer dans une voiture de police! Autant dire que l’aventure commence sur les chapeaux de roues! La situation me vaudra un fou rire dans la voiture avec les policiers. Ces derniers, m’emmène au commissariat, mais ne savant pas quoi faire de moi, me déposent finalement en dehors de la ville, chez les rangers (police de montagne) qui m’accueillent mitraillette a la main, j’aurai même droit à un petit interrogatoire. Une fois celui-ci terminé, ils m’offriront très gentiment un lit pour la nuit. Il est minuit, et je peux enfin gagner sommeil sans avoir peur d’être mit à la porte.

Le lendemain, réveil matinale et je prends la direction de Cashapampa, un petit village d’une centaine de maisons, d’où je commence une pénible marche de 4hrs en direction de Hualcayan, minuscule village d’une 30ene de maisons, couper du monde, dernier repaire avant le vide des Andes. La marche est vraiment pénible, mon sac pesant une tonne, j’ai les épaules qui brulent. En route, je passe un petit ruisseau, j’en profite pour prendre une douche… rapide… l’eau étant à environs 5 degrés. J’arrive finalement à Hualcayan en fin d’après-midi et y installe ma tente près du petit terrain de foot avec l’aide de 3 gamines de 6, 8 et 11 ans. Elles me feront visiter les environs et gouter de nombreuses fleurs et plantes comestibles. Un peu plus tard, je débute un tri dans mes affaires, ayant pris conscience que mon sac est beaucoup trop lourd sur mes épaules. Je me débarrasserai donc de nombreuses choses gardant vraiment le strict minimum.

Tout est près, le lendemain départ prévu à 6heures du matin, je gagne donc sommeil vers 8 heures.

Jeudi matin, je me réveil vers 5 :30am, le temps de ranger mes affaires et démonter ma tente, je débute ma marche à 6am. Le sentier commence tout de suite à monter, il fait froid, très froid, et ça commence déjà à piquer les mollets. Apres plusieurs heures de marche le poids du sac commence a ce faire sentir, les épaules et le dos son douloureux. Il me faudra 6 heures pour franchir le premier col, 6 heures éprouvantes durant lesquelles mon physique et mon moral seront mis à rude épreuves. Bien sûre, tout le corps est fatigué par la marche, la montée et les 20 kg sur le dos ; mais le tout est rendu d’autant plus difficile par l’altitude et l’oxygène qui se fait donc de plus en plus rare. En chemin je croise plusieurs troupeaux de bœufs, m’obligeant à quitter le sentier a plusieurs reprises pour les contourner. Il me faudra même, a un moment, piquer un sprint et me cacher derrière un petit buisson afin d’éviter de me faire empaler par un furieux taureau qui a décider que j’étais trop proche d’eux. Bizarrement pendant ces quelques secondes de sprint, j’oublie la fatigue, le sac et le manque d’oxygène! Usain Bolt un enfant ! Je resterai la, blottit derrière mon petit buisson, un long moment, à attendre que Monsieur décide de ce calmer et de me laisser passer. Franchement… j’ai eu les chocottes ! Je reprends finalement la marche, dépassant le camping ou j’avais prévu de passer la première nuit, et me rend donc à un refuge, plusieurs kilomètres plus loin. Celui-ci est vide, aucun Rangers a proximité, je m’installe donc au chaud a l’intérieur pour la nuit. L’endroit est magnifique, a 4675 mètres d’altitude, donnant sur un superbe lac limpide avec en arrière-plan les sommets enneige : tout simplement sublime. Je gagne rapidement sommeil une fois le soleil coucher, vers 7 :30 pm, fatiguer des 1450 mètres de déniveler positif de la journée, mais content d’avoir avancé plus vite que prévu. Le lendemain, réveil matinal encore une fois, je débute ma marche, m’attaquant de suite au prochain col. J’ai prévu de rejoindre le prochain camping pour la nuit, que j’estime être à environs 5 heures de marche. Je rallie finalement le camping d’Osoruri en 2 heures, il est 8am, je décide donc de continuer et m’attaque au col suivant. J’avance bien, petit à petit, je garde mon rythme et passe le col en 2 heures. De l’autre coter, une descente abrupte, ou je croiserai un péruvien avec ces mules. Je rejoins finalement le camping site de Jancarurish après 8 heures de marche, 1000 mètres de dénivelé positif et 1200 mètres de dénivelé négatifs. Le site est superbe, sur le bord d’une rivière au fond d’une vallée verdoyante avec vue sur le fameux Alpamayo, cette montagne en forme de diamant culminant a plus de 5900 mètres, considérer par nombre d’alpinistes comme étant la plus belle montagne du monde… rien que ça ! Et moi je suis là, a installer ma tente dans cette environnement de folie, entouré de montagnes enneigée et de l’Alpamayo… rien que ça ! Un bonheur intense d’être ici, la vue est à couper le souffle, ou y oublie même la douleur et la fatigue !
Le coucher du soleil est d’une beauté rare. Une fois la nuit tombée, le froid ce fait de plus en plus intense. Il fera beaucoup plus froid que prévu, la température tombant sous 0. Je passerai la nuit en tremblement, ne savant plus quoi faire pour me chauffer, étant au bord de l’hypothermie. Une nuit vraiment horrible. Au petit matin, ma tente est recouverte de gel, il me faudra plus d’une heure pour la démonter, les mouvements des doigts et des mains étant rendu aléatoire par le froid. Attacher mes lacets en devient compliquer. Je reprends finalement la marche et m’attaque au premier col de la journée. Celui-ci est magnifique, d’un coter les montagnes blanches, de l’autre une vallée et des montagnes verdoyantes. Le contraste est surprenant, spectacle bluffant. Cette fois-ci, les 8 heures de marche de la journée me mènerons à Huilca, une immense plaine fertile, où vivent 2 familles. La plaine, coupée en 2 par une rivière, est remplie de troupeaux de bœufs, de cabris, de brebis, d’alpagas (petit lama) et de chevaux. J’installe ma tente près d’une maison, sympathisant avec la petite famille. Des nomades, vivant dans des conditions précaire, loin du monde… ici le temps c’est arrêter il y a des années. Les enfants parlent uniquement Queshua, alors que les parents baragouinent quelques mots d’Espagnol. Pas d’électricité, ont cuit au feu de bois et ont vie au rythme des saisons. Je passe l’après-midi à aider « Jesus » à ramasser de petits piquants, nettoyant ainsi quelques pâturages. Ils m’offriront une tranche de gâteau, du cochon séché, et le soir une soupe pas très bonne pour être honnête, mais chaude. Nous dinerons dans leurs cuisines, assis sur des rondins, autour du feu de bois, éclairés et réchauffés par celui-ci. Je passerai un moment extraordinaire en leurs compagnies, partageant pour quelques instants la dureté de leurs vies, un moment très fort. Ils me prêteront une couverture d’Alpaga, plutôt sale, pour me chauffer durant la nuit glacial. Elle sera plus que le bienvenu, malgré la forte odeur qui s’en dégage. Je passerai une très bonne nuit, rouler dans la couverture tel un sushi. Apres les aux revoir, je prends la direction du dernier col. Je le franchirai dans un épais brouillard, ne voyant qu’à quelques mètres. Tout ce passe bien, j’avance vite, passant les magnifiques paysages, des vallées, des rivières, des lacs, des forets, des falaises, des montagnes enneige… j’ai l’impression d’être sur une autre planète, les paysages sont fabuleux. Je rejoins finalement le village de Jancapampa, qui marque la fin de mon Trek. Il ne me reste plus qu’à traverser la longue plaine et la rivière… mais comment ? Le pont ayant était détruit par les pluies ! Je traverserai donc la rivière à pied, l’eau bien au-dessus des genoux dans une eau glaciale descendant directement des glaciers. Il me faudra ensuite plus d’une heure pour traverser l’immense plaine, ou plutôt l’immense marrée cage, m’enfonçant dans la boue jusqu’aux genoux. Le moral prend un sale coup, et avancer dans cette boue est physiquement très éprouvant.
Au petit village, personne ne parle Espagnol, ici tout le monde parle Quechua et tout le monde est en tenues traditionnelles, magnifique ! Je suis dans le Pérou profond, loin, très loin même des sentiers touristiques. A force de mime je fini par me faire comprendre et prend un minibus qui part pour Pomabamba, petite ville a environs 2 heures de voiture. Ici je négocie bien et obtient une chambre avec salle de bain et eau chaude pour un prix dérisoire. Mon dieux, quel plaisir de bien dormir, et surtout quel plaisir de pouvoir prendre une douche chaude ! Je passe 2 jours dans cette ennuyante petite ville, attendant le prochain bus pour Chimbote. Ayant discuté avec les habitants du coin, j’ai décidé de ne pas faire de stop pour rejoindre Chimbote, et heureusement !
14 heures de bus, sur des routes de montagnes, en terre et sinueuses ou nous passons une bonne 50ene d’éboulis, nous croiseront…. Aucun véhicule ! Le stop aurait était impossible.

Ce séjour en montagne a était une expérience incroyable ! Etre coupé du monde vous donne le temps de la réflexion, le temps de savourer les choses simple et de savourer la beauté des paysages qui vous entoure. Des vues à couper le souffle, des expériences humaines extraordinaire, et j’ai également découvert mes limites, ou plutôt j’ai découvert qu’en fait nous en avons pas. Seul, loin de tout, avec personne pour vous aider, personne pour vous encourager, vous avancez, peu importe la fatigue, peu importe la douleur, vous avancez… toujours plus loin ! Toujours plus haut !