Mar. 12, 2016

Cajamarca

Suite à mes quelques jours passés à Chiclayo, je prends la décision de poursuivre mon périple en compagnie de Karin et Vanessa, vers Cajamarca, ou se déroule apparemment le carnaval le plus délirant du Pérou.  Après tout, nous avons la même destination en vue et nous nous entendons bien, alors pourquoi ne pas faire un bout de chemin ensemble?
Nous prenons le bus du soir et arrivons à Cajamarca à 4 heures du matin. Il est beaucoup trop tôt pour appeler nos hôtes respectifs, et y restons donc dormir quelques heures. A 6 heures, le chauffeur nous réveille. Nous quittons alors la gare, prenant un chemin différent. Je me rends chez "Herbert" (32 ans), ou plutôt à son bureau ou il a aménagé une petite chambre. J'y dépose mes affaires et fais la connaissance de Julietta (Argentine de 28 ans) qui sera ma colloc pour les prochains jours.
De là, nous partons tous les 3 prendre un petit déj dans un boui-boui plutôt sympa puis, Julietta et moi nous rendons au site des "ventanillas d’Otuzco"... Une arnaque! Nous faisons le tour du site - composé de quelques trous dans une falaise - en quelques minutes. La visite ayant été plus rapide que prévu, nous nous promenons dans le petit village en attendant le prochain bus qui retourne en ville.
Le soir nous nous rendons sur la place d'armes où se déroule un bazar sans nom! Le carnaval - officiellement prévu pour le week-end - est fêté par les Cajamarquinien depuis plusieurs semaines... Après tout, tant qu'à faire la fête... Autant bien faire!
Sur cette fameuse place d'armes le soir venu – on y retrouve presque toute la ville. La place est alors composée de petits groupes d'environ 20 personnes qui jouent des aires de Carnaval à coup de tambours et de trompettes. Chaque groupe joue son aire, danse, chante et picole, et c'est à qui joue plus fort que son voisin! Gare aux tympans lorsqu'on passe entre les groupes!
Dans tout ce brouhaha, être un gringo à ses avantages: presque chaque groupe vous invite à danser et à boire, à condition d'y mettre un peu du sien bien-sûr.  Il est donc relativement facile d'oublier son nom d'une extrémité à une autre... Surtout que l'alcool du carnaval... C'est une sorte de rhum qui se boit chaud, et cul sec! Une place bouillonnante de vie, on se croirait dans une fourmilière, il y est difficile de se frayer un chemin.
Le lendemain, ayant été victimes du carnaval, nous nous levons relativement tard et passons l'après-midi à visiter les différents musées de la ville, notamment la célèbre pièce "del rescate". C'est dans cette pièce - assez grande - qu'aurait été enfermé par les Espagnols l'empereur Pachacutec.  Celui-ci aurait alors levé le bras, et proposé l'équivalent de 2 fois cette pièce remplie d'argent, et 1 fois remplie d'or, et ce, jusque la hauteur de son bras levé !  En échange de sa liberté. Personnellement j'aurais accepté sans trop me faire prier... Mais les Espagnols eux, ont préféré l'écarteler sur la place... Quelle drôle d'idée non?
La ville en elle-même est très belle. A vrai dire, elle rappelle énormément Cuzco avec ses toits de tuile, ses murs blancs ou en pierres, ses rues pavées et parfois piétonnes, sa place d'armes belle et composée de 2 églises aux façades lourdement décorées. Le genre de ville où il est agréable de se balader... Et c'est ce que nous faisons.
Le soir venu, nous rejoignons Karin et Vanessa dans un "bar" appelé "le clandestin" et sincèrement, ils n'auraient pas pu mieux porter son nom. A l'entrée aucune affiche et aucun nom. A l'intérieur, un dédale de couloirs et d'escaliers à s'y perdre (littéralement) menant à de petites salles décorées de façon brouillonne avec de vieux meubles branlants. Le genre d'endroit où vous ne croiserez aucun touriste.  Il y règne une atmosphère vraiment particulière et agréable.  En fin de soirée - tradition oblige - nous nous rendons de nouveau sur la place, où la foulle se tasse, et ceux malgré la pluie.