Mar. 12, 2016

Kuelap

Lundi matin, le soleil vient tout juste de se lever que Karin, Julietta et moi sommes déjà au taquer! Rendez-vous sur la place d'arme, afin de commencer notre périple vers le village de Tingo, situé à plus de 9 heures de route.  Nous débutons à pieds jusqu'à sortir de la ville où nous commençons finalement à faire du stop. Il nous faudra quelques minutes pour avoir notre premier stop - un 4x4 - qui nous mènera jusqu'au village de Celendin, situé à 3 heures de route. Nous nous retrouvons ensuite debout à l'arrière d'un camion, sous la pluie, dans les nuages et au milieu de paysages de folie, à passer des cols sur des minuscules et vertigineuses routes de montagne !  On se croirait dans un film d'Indiana Johns, explorateurs assidus avec chapeaux sur la tête!

Succéderont ensuite un bus de travailleurs et un petit van, nous conduisant au village de Balsas, trou perdu au creux d'une vallée. Nous y poiroterons un moment, attendant un quelconque véhicule et profitons pour y déjeuner. Nous aurons finalement place à l'arrière d'un autre 4x4, direction Tingo. Le trajet se passera sous la pluie et donc sous nos ponchos, à grelotter ! Nous arrivons enfin à Tingo, misérable village sans charme. Il est tard, il pleut et il fait froid, mais nous sommes heureux d'avoir atteint notre objectif de la journée. Nous prenons une chambre... comment dire? "Rustique", dans un boui-boui sans nom et nous mettons aux lits, épuisés de cette journée.


Le lendemain matin, nous enfilons nos chaussures de marche et nos ponchos, faisons un stock de nourriture et d'eau pour la journée avant de débuter notre marche. 
Au programme se sont 9 km pour 1200 mètres de dénivelé positifs qui nous attendent, jusqu’ à dépasser les 3 000 mètres !  Nous avançons doucement et péniblement dans la boue qui recouvre l'ensemble du sentier.  Et cerise sur le gâteau ! Les semelles de Karin  lâchent après seulement quelques centaines de mètres... C'est finalement au bout de 5 longues heures que nous viendrons à bout de cette laborieuse ballade !


Nous voilà rendus au sommet. Devant nous se dresse l'imposante et majestueuse muraille de l'imprenable forteresse de ‘Kuelap’, monstre de pierres de 20 mètres de haut. Cette citadelle - construite au VIème siècle par les Chachapoyas - fait plus de 600 mètres de long pour 100 de large. On y entre par une ouverture de 3 mètres de large et 19 de haut, menant à un escalier très abrupt se resserrant jusqu’à  permettre tout juste le passage d'un homme (mon imposante carrure m’a obligé à passer de bier... Hum hum) ! Cette méthode de construction en entonnoir, permettant  facilement de défendre toutes invasions... 1 seul homme étant suffisant pour y empêcher l'accès.  Une fois à l'intérieure on y découvre une magnifique forêt,  à l'ombre de laquelle sont dispersées environ 400 habitations cylindriques, des temples, des palais, des tours de garde et même quelques Lamas - oreilles tirées vers l'arrière - prêt à vous cracher dessus !   À l'intérieure de la forteresse, 2 autres imposantes murailles donnent successivement accès aux quartiers supérieurs, où vivaient probablement les dirigeants. L'imposant complexe -  qui a nécessité pour sa construction 3 fois plus de pierres que la grande pyramide de Kheops - laisse penser que ce peuple vivait dans la peur d'une invasion.  Les environs de la forteresse sont constitués d'un grand nombre d'habitations -sans aucun doute des fermiers - et d'autres murailles, atteignant jusqu’à 900 mètres de long.
Un site à la fois mystérieux et grandiose, rivalisant - à mon humble avis - sans trop de difficultés avec le ‘Machu Picchu’, merveille du monde... C'est vous dire la beauté de ce site très peu touristique.  À vrai dire, il n’y a pas de mots pour décrire une telle splendeur...