Mar. 23, 2016

Cajamarca - Le Carnaval

Suite à la visite de Kuelap - voir poste précédent - nous prenons la direction de Chachapoyas  à quelques heures en stop. Nous arrivons en fin d'après-midi et cherchons immédiatement un petit hôtel sympa ou passer la nuit. Le soir, nous faisons un petit tour sur la place principale où de jeunes amoureux ont conquis tous les bancs.

Le lendemain matin, nous avions prévu de nous rendre aux cataratas de Gocta - 3eme plus haute cascade du monde - puis au petit site de Revash perché à flanc de falaise. Malheureusement, étant tout les 3 complètement malades - probablement dû à l'eau - nous prenons finalement la décision de rentrer sur Cajamarca.

S'ensuivront alors plus de 9 heures de route cauchemardesque où ils nous faudra nous arrêter une bonne 15ene de fois... Urgence oblige!
Le lendemain, c'est en bien meilleure forme que nous nous rendons chez John - 44 ans - qui sera notre hôte le temps du carnaval. Il habite une grande et vieille maison avec ses parents, située très proche de la place d'armes. 
Le premier jours, nous y faisons la connaissance de 2 très sympathique couples de Français: Xavier et Exuperence ainsi que Thibault et Elsa. Nous logerons tous ici pour les jours  à venir, certains dans des lits, d'autres sur des divans, et moi dans ma tente... au beau milieu d'un salon! Génial! 


Le lendemain - samedi - débute officiellement le Carnaval, et aujourd'hui, c'est journée peintures! Nous prenons un délicieux petit  déj préparer par Xavier -des crêpes- puis débutons notre atelier peinture!  Nous passerons la matinée à nous peindre les visages et corps. Ça y est!  Nous sommes prêts!  Petite séance photos - histoire de pouvoir montrer l’avant/ l’après - et nous nous lançons finalement à l'assaut des rues. Et je précise ici que le mots "assaut" est spécialement choisi.

Dehors c'est la guerre! Des fusils, des bombes, des meutes en folies. Certes ce ne sont pas de vraies  balles ni de vraies bombes, mais on s'y croirait vraiment!  Toute la ville - où presque - est rendue dans les rues, et toute la ville - où presque - est armée de fusils à peintures, de ballons de peintures, de sceaux de peintures... Et sa fuse dans tous les sens!  Impossible de se mettre à l'abri d'un tel bombardement!  C'est chacun pour soi... Oeil pour oeil et dent pour dent!  On mitraille tout ce qui bouge - et ce qui ne bouge pas - y compris les voitures et motos taxis, intérieure comme extérieure, chacun laissant place à son instinct d'artiste improvisé.  A force de rater leurs cibles, les habitants repeignent ainsi petit à petit les rues, les murs, les portes, les fenêtres, les propriétaires... Bien entendu le tout arrosé de ce fameux rhum chaud du carnaval...  Après tout c'est la guerre, et boire un peu aide à faire face à cette folie qui nous entoure.  Folie j'ai dit? Le mot est faible pour décrire cette atmosphère et ce bazar hors du commun!  Sans l'ombre d'un doute le carnaval le plus déjanter du Perou.

De retour, Il nous faudra plusieurs heures pour tous nous doucher et tenter d’enlever les kilos de peintures qui recouvrent nos corps et nos têtes… Le soir nous repartirons sur la place d'armes, fêter une fois encore au milieu de groupes et de la foule.


Le Dimanche, 2eme jour de carnaval, nous nous rendons cette fois  dans la rue juste devant la maison où à été installe par la famille de John, une grande estrade - bloquant toute la rue - nous permettant de voir le fameux carnaval. C'est donc percher sur nos planches de bois, au cote de la charmante et généreuse famille de John et encerclé d'une foule dense, que nous passerons la journée.  Défile ensuite, pendant plus de 4 heures, les différents quartiers de la ville, chacun déguisé de façon différentes. Certains costumes sont marrants, d'autres tout simplement magnifiques, hauts en couleurs et en détails. La foule s'est tassée le long des rues. Estrades, bancs, marquises... Tout y est pour être à l’aise! Les premières heures du défilé se passent de façon civilisée, les gens applaudissent, chantent  les aires de fanfares et profitent du spectacle appareil photo en mains.
Puis petit à petit, la monotonie s'installe dans la tête des gens, réveillant en eux l'enfant qui y dort! Progressivement, on commence à  voir apparaître quelques fusils et ballons d'eau. La plu part du temps sont visés ceux qui tente de se prendre en photo avec les artistes! Quelques minutes plus tard, la folie du carnaval à gagne tout le monde. Rapidement ont ne sait plus qui est qui, entres les mamans, les papas, les grands-parents et les enfants. Des sceaux d'eau passent par les fenêtres, des mamans dé gomment leurs enfants et leurs voisins à coup de ballons d'eau... Bref c'est un véritable carnage durant lequel les malheureux derniers artistes tentent de se frayer un chemin...
Une fois le défilé terminé, John, Thibault, Exuperance et moi, nous nous rendons dans les rues continuer la fête. Nous rentrerons à l'improviste dans une maison, donnant sur une cours intérieure ou ce sont regrouper une foule dansant au rythme des tambours!  Ici, tous ceux qu'on ne considère pas suffisamment trempé passe dans une sorte de baignoire improvisée. Exuperance, joliment protégeait  sous son poncho  y fera les frais!  Faut pas deconner quand meme... On est pas ici pour être au sec! 
Le soir nous nous rendons dans un bar où nous passerons une soirée complètement déjantée, emporté par cette atmosphère tellement particuliere. 


Lundi marque finalement  la fin du carnaval. C'est aujourd'hui que défileront tous les plus beaux costumes et les chars le long d'une immense avenue entièrement bordée de gradins. Malheureusement, la pluie s'étant invitée, l'ambiance n’y est pas et nous n'y faisons pas long feu. Nous préférons suivre John qui - toujours plein de bonnes idées - propose de nous rendre aux eaux thermales à seulement une 20ene de minutes de route. L'endroit est fabuleux: un petit ruisseau descendant en cascade dans le creux d'une vallée sauvage. Nous sommes seuls et profitons donc des petits bassins naturels.  L'eau de la rivière, glaciale, est par endroits réchauffés par de petites sources d'eau bouillante (+/- 60•C). Il y est donc difficile de trouver le juste milieu, une partie du corps frigorifié, et une autre ébouillantée! Peu importe, nous y passons un moment fabuleux en pleine nature.
Le soir, diner pizzas, histoire de marquer la fin de cette aventure tout à fait incroyable, avant que chacun reprenne sa route vers de nouveaux horizons.
Beau séjour, marqué certes par les découvertes archéologiques et culturelles complètement décalées, mais aussi et surtout par de belles rencontres humaines.