Perou, pays d'histoire et de culture...

Mar. 31, 2016

Debout au bord de la route, le sac sur les épaules et le pousse dressé vers le ciel, c'est reparti! Ou serais-je dans quelques heures? Aucune idée. Ou passerais-je la nuit? Aucune idée. Dans quelles conditions? Aucune idée. C'est reparti pour l'aventure et l'inconnu! Est-ce que j'ai peur ou est-ce que j'appréhende? Absolument pas, je suis excité comme un gamin qui va déballer un cadeau... La surprise, le fait de ne pas savoir rend tout cela bien plus excitant!

On est en plein début d'après-midi et à cette heure-ci de la journée tout transport et bon à prendre afin de s'éloigner de la ville. Je commence donc par un 4x4 qui me descend à plusieurs kilomètres, dans un petit village ou le trafic est plutôt rare. Ici j'attendrai désespérément jusque tard le soir, un quelconque véhicule qui acceptera de me prendre afin de quitter ce trou perdu.

C'est vers 22h que j'obtiens finalement une place à bord d'un camion. Celui-ci me lâchera sous une pluie torrentielle aux petites heures du matin dans un village encore plus petit que le précédent... Impossible de trouver un endroit ou passer la nuit et impossible de monter ma tente sous ce déluge. C'est donc recroquevillé devant la devanture d'un restaurant que je passe la nuit, attaquer de tous les côtés par les moustiques.

Bref, les jours défilent et les kilomètres avec eux, portant leurs lots de péripéties et de rencontres. Tantôt je passe la nuit dehors, tantôt à bord d'un camion, tantôt dans une usines de ciment... Je prends mes douches au bord des routes, dans de petits ruisseaux et cascades. Vivant au rythme des transports que j’enchaine, je perds rapidement mes repères. Je dors parfois le jour, parfois la nuit. Les jours et les heures ce mélangent dans ma tête.

J'arrive d'abord à Huánuco - ville proclamant avoir le meilleur climat du monde... - puis à Huancayo, ville située en pleins centre du Pérou, zone absolument pas touristiques. Ici c'est le Pérou profond... Authentique! Aucun acteur, aucun déguisement, aucun prix gonflé, aucun agent qui vous cours après pour vous vendre un tour.
Ici on est tranquille. Ce sont des villes aux attractions très limitées - d'où le fait qu'elles ne soient pas touristiques - mais leur intérêt recèle principalement du fait d'être le seul touriste et de pouvoir voir un "Pérou péruvien"... Et ça, ça vaut sincèrement le détour. Sans oublier les paysages absolument époustouflants qui défilent devant mes yeux alors que je voyage sur des routes peu passantes.

Durant ces quelques jours, je me rends compte que les préjugés que nous avons (ou du moins que j'avais) vis à vis des camionneurs sont totalement erronés. J'ai toujours cru - peut-être à cause des films - que les camionneurs étaient pas franchement sympathique, grossiers et "dangereux", du style à vous pointer une carabine sous le nez quand vous ouvrez la porte. Je peux maintenant vous dire que ce n'est absolument pas le cas. Ils sont un peu grossiers, ça c'est vrai, mais ils sont extrêmement gentils, intéressants (cultivé même) et généreux. Plusieurs d’entre eux savaient ou est Maurice et savaient que c’était une colonie… c’est vous dire ! J'ai appris énormément de choses sur le Pérou et son histoire "moderne" grâce à eux, notamment sur l’époque du « sentier lumineux » (groupe terroriste ayant sévit dans les années 80), et sur les transactions de cocaïnes tirées tout droit d’un scenario de film (route bloquée par des troupes - mitraillette à la main - le temps qu’un jet atterrisse, effectue la transaction et reparte…), avec pour acteur le très chère Pablo… entre autres. Une véritable folie !
De plus, je n'ai pas une fois payé mes repas en leurs compagnies. Ils insistent toujours pour payer et m'offrir les repas.

Des gens très intéressants et sympathiques mais aux vies relativement difficiles.

Mar. 28, 2016

L'aventure de la Selva touche à sa fin et c'est désormais l'heure de faire demi-tour. Je rejoins Olivier et Maud sur la Lancha du retour, direction Yurimaguas, un autre port desservant Iquitos histoire de faire une boucle.
Nous ne changeons pas les bonnes vieilles habitudes... Belotes et apéros sont toujours d'actualité.

La traversée ce passe plus ou moins de la même façon que la précédente, le décor tout aussi irréaliste, les arrêts dans les villages tout aussi animés et la vie tout aussi apaisante.

En chemin nous avons la chance de voir des animaux, dont à plusieurs reprises des dauphins gris chassant aux jonctions des fleuves. Voir la photo centrale... Un petit dauphin faisant un beau sourire.

À deux reprises nous verrons des serpents - venimeux - dont un qui avait drôlement l'aire de vouloir prendre un apéro avec nous... (Photo en bas à gauche).

On s'amusera aussi, le temps d'un après-midi à compter les iguanes qui font bronzette sur les arbres, et à essayer - encore une fois – de voir un anaconda... toujours pas de chance à ce niveau-là.

Encore une fois une superbe croisière, dans un autre monde, hors du temps et dure à décrire.

Nous arrivons finalement à Yurimaguas aux petites heures du matin et prenons un ¨collectivo¨ direction Tarapoto ou nous passerons la matinée dans un petit resto autour d'un délicieux Hamburger... Ça change du riz, riz, riz et minuscule morceau de poulet du bateau.

Suite au calme de la croisière, le bourdonnement assourdissant des milliers de mototaxis que compte la ville fait franchement mal aux tympans, le retour à la civilisation est… brutal !

Après ce délicieux repas, nos routes se séparent. Moi je commence mon stop en direction du sud, alors que les frenchy prennent la direction des plages du Nord!

Mar. 28, 2016

Ayant mare de tourner en rond à Iquitos, et ayant pris conscience qu’aucune activité touristique ne colle à mon budget, je prends un bateau-taxi en direction du petit village de "Padre Cocha", à environ 30 minutes d'Iquitos. Pourquoi là-bas? Franchement aucune idée... Au pif! Une fois sur place je fais du porte à porte afin de trouver un endroit où loger et je tombe sur une famille extrêmement sympathique tenant un petit hôtel. Très gentiment ils m'offriront une chambre et je vivrai donc quelques jours avec eux, partageant leurs vie.

Ma première journée, je me rends avec eux un peu plus dans la Selva afin de les aider à défraîchir un terrain sur lequel ils ont pour projet de créé un petit lodge. De la, je grimpe sur le mirador situé au sommet d´une colline ofrant un panorama fabuleux sur la Selva d´un coté et Iquitos de l´autre.

Le lendemain, journée mondiale de l'environnement, nous nous séparons en petits groupes de 5 et nous lançons à l'attaque des déchets qui encombrent les berges du fleuve. C'est plus de 150 Kg de bouteilles plastique qui seront ramassées en à peine 1 heure... Triste réalité d'un peuple n'ayant pas encore pris conscience des conséquences.

L'après-midi, en gage de remerciement pour les avoirs aider, la petite famille m'offre la visite de "Pilpintuwasi"; ce parc à papillon devenu refuge animalier malgré lui. Un beau matin, la propriétaire a trouvé devant sa porte un petit panier avec à l'intérieure... Un bébé Jaguard! Histoire véridique! Depuis ce jour-là, les habitants du coin n'ont pas arrêté d'amener d'autres animaux blessés etc...
Bref aujourd'hui c'est une sorte de petit zoo dans lequel on y trouve quelques animaux de la Selva, dont certains - tel que le Jaguar - impossibles à voir autrement. Il y a entre autres des perroquets, des singes (plusieurs types), un toucan (magnifique) et Pedro le fameux Jaguard qui pèse aujourd'hui un bon 100 Kg.
Chose assez marrante, il y a aussi des capucins (petits singes) qui sont tous simplement en prison pour avoir volé des porte-monnaie... Si si vraiment! Ces petits bandits ont été dressés pour voler les gringos. Malin les gars!

Je passe donc quelques jours tranquilles en compagnie de cette charmante famille. Pas la grande aventure de la Selva, mais une très belle aventure humaine.

PS: Petite pensée toute particulière pour les amoureux de bébête – voir photos en bas – une sorte de scarabée-cancrelat faisant littéralement la taille de ma main (2x en comptant les antennes)! J´en connais plus d´un qui aurai fait une crise cardiaque… hehe

Mar. 25, 2016

Après 3 merveilleux jours à bord de la Lancha, nous arrivons finalement à Iquitos lundi. Nous n’avons pas encore accosté que nous sommes déjà pris d'assaut par de nombreux "peque-peque" (longues pirogues) qui viennent chercher les gens pressés ou ceux habitants aux abords de la rivière.

A Iquitos, on se croirait dans une ruche, ça bourdonne dure! Des motos... Des motos de partout! La ville en elle-même n'est pas forcément très belle, mais les environs sont superbes. La promenade donnant sur l'Amazone est magnifique.
Je passerai 3 jours à tourner un peu en rond dans la ville, me renseignant sur les activités à faire. Malheureusement les tours dans la Selva - qui font franchement rêver - sont au-dessus de mon maigre budget, même, si en soi ce n’est pas chère pour ce que c'est. Camper dans la jungle, pécher et manger des piranhas, attraper des caïmans, voir des serpents, singes, perroquets et autres... Ce ne sera donc pas pour moi! Snif ! Snif!

Autre activité majeure de la région... Le chamanisme! Une expérience apparemment incroyable et inoubliable qui change votre vie. Une cérémonie durant laquelle vous prenez la puissance - et dangereuse - liane d'ayahuasca. Il est donc important de passer par un chaman réputé... Qui une fois de plus et largement au-dessus de mon budget ! Il y a l'option de chercher un chaman pas chère, mais comme à Iquitos absolument tout le monde s'invente guide ou chaman, cela fou plutôt la trouille! Rien de tout cela pour moi donc !

A Iquitos je visite le captivant marché de Belen, où en plus de toutes les babioles habituelles, on trouve aussi de nombreux produits et plantes médicinales. Le marché des chamans en gros. Plus bas, des étals de poissons envahis par les vautours… De là, on peut prendre un "peque-peque" pour visiter le quartier de Belen, aussi appelé le "Venise de la Selva". Je vous dis tout de suite, ce n’est pas le même profil! Ce quartier - inondé durant 6 mois de l'année - est très pauvre (le plus pauvre de la ville). La moitié de l'année on y circule donc en bateau, sillonnant entre les maisons. Certaines flottantes, d'autres sur pilotis, et d'autres encore à étages... Le rez-de-chaussée étant inondé, et donc abandonné durant la saison des pluies! Spectacle bluffant et franchement charmant. Au coin d'une rue (Et oui ! car on navigue sur les rues inondées), une station-service, une boutique, une école, une toilette flottante, un garage de motos-taxis, un gars qui fait du stop... Bref c'est vraiment marrant et différent! Certes très pauvres et polluer (disons qu’on n’a pas forcement envie de faire trempette) mais le petit tour d'une heure vaut vraiment le coup.

Une ville hors du commun, ou le temps a ralentit, survivant au coeur d´une jungle hostile.

Mar. 23, 2016

Quelques couché et levé du soleil sur l'Amazonie: Un spectacle haut en couleurs.