Perou, pays d'histoire et de culture...

Mar. 23, 2016

Après le Carnaval de Cajamarca, je prends la route de Lima où je passe quelques jours pas terribles. Lima, c'est une immense ville tentaculaire de 10 millions d'habitants, baignée dans la poussière, la pollution et le bruit constant des klaxons... Bref, rien de très intéressant en soi, mis-a-part le superbe quartier touristique de Barranco.

Je prends ensuite la direction de Pucallpa en passant par Tingo Maria, petit ville perchée sur les rives du fleuve, marquant le début de la "Selva" (jungle amazonienne). La végétation y est luxuriante et les environs magnifiques. J'arrive ensuite a Pucallpa, ville portuaire d'où partent la plupart des provisions pour Iquitos (ma destination).
Iquitos c'est une ville de 300.000 habitants, située au cœur de l’Amazonie, que l'on rejoint uniquement par bateau ou par avion. Vous l'auriez compris, aucune route ne relit Iquitos au reste du monde! C'est donc de Pucallpa que partent les "Lanchas", sorte de gros ferry sur lequel on embarque des tonnes de provisions et sur lequel se tasse environ 200 personnes, chacun accrochant son hamac là où il peut !

La Lancha, c'est un peu le bus amazonien quoi... Ou, l'étoile d'espérance pour les petits villages, complètement dépendant - qui sont approvisionné en route. On y dort collé et serré, les hamacs étant alignés les uns à côté des autres… certains préfèrent s’installer par terre sur une petite couverture... Le grand confort ! La traversée dure environ 3 jours et 3 nuits, et je dis "environ" car tout dépend des caprices du fleuve et des cargaisons a déchargé en route. De la même façon les départs sont plus ou moins aléatoires, on part uniquement lorsqu'on est plein à craquer. C'est la loterie quoi! Moi par exemple je suis parti Samedi... Sur le bateau de Vendredi!

Une fois lancée, cette grosse boite de conserve devient votre maison et vous entrez dans un monde a part. Le temps passe doucement, au rythme de la cloche annonçant les repas "frugaux". On passe l'ensemble de nos journées dans nos hamacs à papoter, lire et profiter du paysage irréel qui défile devant nos yeux. Nous glissons lentement, paisiblement sur le fleuve, nous rapprochant ainsi petit à petit du cœur de la forêt Amazonienne... Autour de nous, un océan de verdure à perte de vue, majestueux et indomptable.
Durant cet époustouflant voyage, je fais la connaissance d'Olivier et Maud, un couple de Français ayant vécu plusieurs années à la Réunion et connaissant Maurice. Entre nous le courant passe tout de suite et nous passerons l'ensemble de la croisière à discuter et partager nos histoires autour d'une petite belotte et de nombreux apéros.
Lorsque le bateau s'arrête dans les petits villages, c'est jour de fête! Pleins de femmes, hommes et enfants montent à bord, panier en mains, afin de nous vendre toutes sortes de choses... Des plats de poulet/ poisson frit en passant par les friandises et les boissons... Bref de tout! Ça hurle dans tous les sens se faufilant entre les hamacs ! C'est l'activité de la journée durant laquelle nous profitons pour acheter une petite glace afin de nous rafraîchir.

Cette croisière, c'est véritablement un moment magique, où rien d'autre n'a d'importance. Dure à décrire, dure à expliquer, pourquoi ? Cette simplicité… Est juste magique ! Un des gros coups de cœur jusqu'à présent.

Mar. 23, 2016

Suite à la visite de Kuelap - voir poste précédent - nous prenons la direction de Chachapoyas  à quelques heures en stop. Nous arrivons en fin d'après-midi et cherchons immédiatement un petit hôtel sympa ou passer la nuit. Le soir, nous faisons un petit tour sur la place principale où de jeunes amoureux ont conquis tous les bancs.

Le lendemain matin, nous avions prévu de nous rendre aux cataratas de Gocta - 3eme plus haute cascade du monde - puis au petit site de Revash perché à flanc de falaise. Malheureusement, étant tout les 3 complètement malades - probablement dû à l'eau - nous prenons finalement la décision de rentrer sur Cajamarca.

S'ensuivront alors plus de 9 heures de route cauchemardesque où ils nous faudra nous arrêter une bonne 15ene de fois... Urgence oblige!
Le lendemain, c'est en bien meilleure forme que nous nous rendons chez John - 44 ans - qui sera notre hôte le temps du carnaval. Il habite une grande et vieille maison avec ses parents, située très proche de la place d'armes. 
Le premier jours, nous y faisons la connaissance de 2 très sympathique couples de Français: Xavier et Exuperence ainsi que Thibault et Elsa. Nous logerons tous ici pour les jours  à venir, certains dans des lits, d'autres sur des divans, et moi dans ma tente... au beau milieu d'un salon! Génial! 


Le lendemain - samedi - débute officiellement le Carnaval, et aujourd'hui, c'est journée peintures! Nous prenons un délicieux petit  déj préparer par Xavier -des crêpes- puis débutons notre atelier peinture!  Nous passerons la matinée à nous peindre les visages et corps. Ça y est!  Nous sommes prêts!  Petite séance photos - histoire de pouvoir montrer l’avant/ l’après - et nous nous lançons finalement à l'assaut des rues. Et je précise ici que le mots "assaut" est spécialement choisi.

Dehors c'est la guerre! Des fusils, des bombes, des meutes en folies. Certes ce ne sont pas de vraies  balles ni de vraies bombes, mais on s'y croirait vraiment!  Toute la ville - où presque - est rendue dans les rues, et toute la ville - où presque - est armée de fusils à peintures, de ballons de peintures, de sceaux de peintures... Et sa fuse dans tous les sens!  Impossible de se mettre à l'abri d'un tel bombardement!  C'est chacun pour soi... Oeil pour oeil et dent pour dent!  On mitraille tout ce qui bouge - et ce qui ne bouge pas - y compris les voitures et motos taxis, intérieure comme extérieure, chacun laissant place à son instinct d'artiste improvisé.  A force de rater leurs cibles, les habitants repeignent ainsi petit à petit les rues, les murs, les portes, les fenêtres, les propriétaires... Bien entendu le tout arrosé de ce fameux rhum chaud du carnaval...  Après tout c'est la guerre, et boire un peu aide à faire face à cette folie qui nous entoure.  Folie j'ai dit? Le mot est faible pour décrire cette atmosphère et ce bazar hors du commun!  Sans l'ombre d'un doute le carnaval le plus déjanter du Perou.

De retour, Il nous faudra plusieurs heures pour tous nous doucher et tenter d’enlever les kilos de peintures qui recouvrent nos corps et nos têtes… Le soir nous repartirons sur la place d'armes, fêter une fois encore au milieu de groupes et de la foule.


Le Dimanche, 2eme jour de carnaval, nous nous rendons cette fois  dans la rue juste devant la maison où à été installe par la famille de John, une grande estrade - bloquant toute la rue - nous permettant de voir le fameux carnaval. C'est donc percher sur nos planches de bois, au cote de la charmante et généreuse famille de John et encerclé d'une foule dense, que nous passerons la journée.  Défile ensuite, pendant plus de 4 heures, les différents quartiers de la ville, chacun déguisé de façon différentes. Certains costumes sont marrants, d'autres tout simplement magnifiques, hauts en couleurs et en détails. La foule s'est tassée le long des rues. Estrades, bancs, marquises... Tout y est pour être à l’aise! Les premières heures du défilé se passent de façon civilisée, les gens applaudissent, chantent  les aires de fanfares et profitent du spectacle appareil photo en mains.
Puis petit à petit, la monotonie s'installe dans la tête des gens, réveillant en eux l'enfant qui y dort! Progressivement, on commence à  voir apparaître quelques fusils et ballons d'eau. La plu part du temps sont visés ceux qui tente de se prendre en photo avec les artistes! Quelques minutes plus tard, la folie du carnaval à gagne tout le monde. Rapidement ont ne sait plus qui est qui, entres les mamans, les papas, les grands-parents et les enfants. Des sceaux d'eau passent par les fenêtres, des mamans dé gomment leurs enfants et leurs voisins à coup de ballons d'eau... Bref c'est un véritable carnage durant lequel les malheureux derniers artistes tentent de se frayer un chemin...
Une fois le défilé terminé, John, Thibault, Exuperance et moi, nous nous rendons dans les rues continuer la fête. Nous rentrerons à l'improviste dans une maison, donnant sur une cours intérieure ou ce sont regrouper une foule dansant au rythme des tambours!  Ici, tous ceux qu'on ne considère pas suffisamment trempé passe dans une sorte de baignoire improvisée. Exuperance, joliment protégeait  sous son poncho  y fera les frais!  Faut pas deconner quand meme... On est pas ici pour être au sec! 
Le soir nous nous rendons dans un bar où nous passerons une soirée complètement déjantée, emporté par cette atmosphère tellement particuliere. 


Lundi marque finalement  la fin du carnaval. C'est aujourd'hui que défileront tous les plus beaux costumes et les chars le long d'une immense avenue entièrement bordée de gradins. Malheureusement, la pluie s'étant invitée, l'ambiance n’y est pas et nous n'y faisons pas long feu. Nous préférons suivre John qui - toujours plein de bonnes idées - propose de nous rendre aux eaux thermales à seulement une 20ene de minutes de route. L'endroit est fabuleux: un petit ruisseau descendant en cascade dans le creux d'une vallée sauvage. Nous sommes seuls et profitons donc des petits bassins naturels.  L'eau de la rivière, glaciale, est par endroits réchauffés par de petites sources d'eau bouillante (+/- 60•C). Il y est donc difficile de trouver le juste milieu, une partie du corps frigorifié, et une autre ébouillantée! Peu importe, nous y passons un moment fabuleux en pleine nature.
Le soir, diner pizzas, histoire de marquer la fin de cette aventure tout à fait incroyable, avant que chacun reprenne sa route vers de nouveaux horizons.
Beau séjour, marqué certes par les découvertes archéologiques et culturelles complètement décalées, mais aussi et surtout par de belles rencontres humaines.

Mar. 12, 2016

Lundi matin, le soleil vient tout juste de se lever que Karin, Julietta et moi sommes déjà au taquer! Rendez-vous sur la place d'arme, afin de commencer notre périple vers le village de Tingo, situé à plus de 9 heures de route.  Nous débutons à pieds jusqu'à sortir de la ville où nous commençons finalement à faire du stop. Il nous faudra quelques minutes pour avoir notre premier stop - un 4x4 - qui nous mènera jusqu'au village de Celendin, situé à 3 heures de route. Nous nous retrouvons ensuite debout à l'arrière d'un camion, sous la pluie, dans les nuages et au milieu de paysages de folie, à passer des cols sur des minuscules et vertigineuses routes de montagne !  On se croirait dans un film d'Indiana Johns, explorateurs assidus avec chapeaux sur la tête!

Succéderont ensuite un bus de travailleurs et un petit van, nous conduisant au village de Balsas, trou perdu au creux d'une vallée. Nous y poiroterons un moment, attendant un quelconque véhicule et profitons pour y déjeuner. Nous aurons finalement place à l'arrière d'un autre 4x4, direction Tingo. Le trajet se passera sous la pluie et donc sous nos ponchos, à grelotter ! Nous arrivons enfin à Tingo, misérable village sans charme. Il est tard, il pleut et il fait froid, mais nous sommes heureux d'avoir atteint notre objectif de la journée. Nous prenons une chambre... comment dire? "Rustique", dans un boui-boui sans nom et nous mettons aux lits, épuisés de cette journée.


Le lendemain matin, nous enfilons nos chaussures de marche et nos ponchos, faisons un stock de nourriture et d'eau pour la journée avant de débuter notre marche. 
Au programme se sont 9 km pour 1200 mètres de dénivelé positifs qui nous attendent, jusqu’ à dépasser les 3 000 mètres !  Nous avançons doucement et péniblement dans la boue qui recouvre l'ensemble du sentier.  Et cerise sur le gâteau ! Les semelles de Karin  lâchent après seulement quelques centaines de mètres... C'est finalement au bout de 5 longues heures que nous viendrons à bout de cette laborieuse ballade !


Nous voilà rendus au sommet. Devant nous se dresse l'imposante et majestueuse muraille de l'imprenable forteresse de ‘Kuelap’, monstre de pierres de 20 mètres de haut. Cette citadelle - construite au VIème siècle par les Chachapoyas - fait plus de 600 mètres de long pour 100 de large. On y entre par une ouverture de 3 mètres de large et 19 de haut, menant à un escalier très abrupt se resserrant jusqu’à  permettre tout juste le passage d'un homme (mon imposante carrure m’a obligé à passer de bier... Hum hum) ! Cette méthode de construction en entonnoir, permettant  facilement de défendre toutes invasions... 1 seul homme étant suffisant pour y empêcher l'accès.  Une fois à l'intérieure on y découvre une magnifique forêt,  à l'ombre de laquelle sont dispersées environ 400 habitations cylindriques, des temples, des palais, des tours de garde et même quelques Lamas - oreilles tirées vers l'arrière - prêt à vous cracher dessus !   À l'intérieure de la forteresse, 2 autres imposantes murailles donnent successivement accès aux quartiers supérieurs, où vivaient probablement les dirigeants. L'imposant complexe -  qui a nécessité pour sa construction 3 fois plus de pierres que la grande pyramide de Kheops - laisse penser que ce peuple vivait dans la peur d'une invasion.  Les environs de la forteresse sont constitués d'un grand nombre d'habitations -sans aucun doute des fermiers - et d'autres murailles, atteignant jusqu’à 900 mètres de long.
Un site à la fois mystérieux et grandiose, rivalisant - à mon humble avis - sans trop de difficultés avec le ‘Machu Picchu’, merveille du monde... C'est vous dire la beauté de ce site très peu touristique.  À vrai dire, il n’y a pas de mots pour décrire une telle splendeur...

Mar. 12, 2016

Suite à mes quelques jours passés à Chiclayo, je prends la décision de poursuivre mon périple en compagnie de Karin et Vanessa, vers Cajamarca, ou se déroule apparemment le carnaval le plus délirant du Pérou.  Après tout, nous avons la même destination en vue et nous nous entendons bien, alors pourquoi ne pas faire un bout de chemin ensemble?
Nous prenons le bus du soir et arrivons à Cajamarca à 4 heures du matin. Il est beaucoup trop tôt pour appeler nos hôtes respectifs, et y restons donc dormir quelques heures. A 6 heures, le chauffeur nous réveille. Nous quittons alors la gare, prenant un chemin différent. Je me rends chez "Herbert" (32 ans), ou plutôt à son bureau ou il a aménagé une petite chambre. J'y dépose mes affaires et fais la connaissance de Julietta (Argentine de 28 ans) qui sera ma colloc pour les prochains jours.
De là, nous partons tous les 3 prendre un petit déj dans un boui-boui plutôt sympa puis, Julietta et moi nous rendons au site des "ventanillas d’Otuzco"... Une arnaque! Nous faisons le tour du site - composé de quelques trous dans une falaise - en quelques minutes. La visite ayant été plus rapide que prévu, nous nous promenons dans le petit village en attendant le prochain bus qui retourne en ville.
Le soir nous nous rendons sur la place d'armes où se déroule un bazar sans nom! Le carnaval - officiellement prévu pour le week-end - est fêté par les Cajamarquinien depuis plusieurs semaines... Après tout, tant qu'à faire la fête... Autant bien faire!
Sur cette fameuse place d'armes le soir venu – on y retrouve presque toute la ville. La place est alors composée de petits groupes d'environ 20 personnes qui jouent des aires de Carnaval à coup de tambours et de trompettes. Chaque groupe joue son aire, danse, chante et picole, et c'est à qui joue plus fort que son voisin! Gare aux tympans lorsqu'on passe entre les groupes!
Dans tout ce brouhaha, être un gringo à ses avantages: presque chaque groupe vous invite à danser et à boire, à condition d'y mettre un peu du sien bien-sûr.  Il est donc relativement facile d'oublier son nom d'une extrémité à une autre... Surtout que l'alcool du carnaval... C'est une sorte de rhum qui se boit chaud, et cul sec! Une place bouillonnante de vie, on se croirait dans une fourmilière, il y est difficile de se frayer un chemin.
Le lendemain, ayant été victimes du carnaval, nous nous levons relativement tard et passons l'après-midi à visiter les différents musées de la ville, notamment la célèbre pièce "del rescate". C'est dans cette pièce - assez grande - qu'aurait été enfermé par les Espagnols l'empereur Pachacutec.  Celui-ci aurait alors levé le bras, et proposé l'équivalent de 2 fois cette pièce remplie d'argent, et 1 fois remplie d'or, et ce, jusque la hauteur de son bras levé !  En échange de sa liberté. Personnellement j'aurais accepté sans trop me faire prier... Mais les Espagnols eux, ont préféré l'écarteler sur la place... Quelle drôle d'idée non?
La ville en elle-même est très belle. A vrai dire, elle rappelle énormément Cuzco avec ses toits de tuile, ses murs blancs ou en pierres, ses rues pavées et parfois piétonnes, sa place d'armes belle et composée de 2 églises aux façades lourdement décorées. Le genre de ville où il est agréable de se balader... Et c'est ce que nous faisons.
Le soir venu, nous rejoignons Karin et Vanessa dans un "bar" appelé "le clandestin" et sincèrement, ils n'auraient pas pu mieux porter son nom. A l'entrée aucune affiche et aucun nom. A l'intérieur, un dédale de couloirs et d'escaliers à s'y perdre (littéralement) menant à de petites salles décorées de façon brouillonne avec de vieux meubles branlants. Le genre d'endroit où vous ne croiserez aucun touriste.  Il y règne une atmosphère vraiment particulière et agréable.  En fin de soirée - tradition oblige - nous nous rendons de nouveau sur la place, où la foulle se tasse, et ceux malgré la pluie.

 

Mar. 3, 2016

 

Il est 6 heures du matin, J’arrive finalement à Chimbote, ville industrielle et port de pêche situé à quelques centaines de km au Nord de Lima. Luis, mon « couchsurfing », passe me prendre à la gare de bus et m’emmène visiter la ville et ses environs.  Nous passons devant le port, les industries minières et quelques vieux restos pendant que Luis m'explique a peu près tout ce qu'il y a à savoir sur cette ville. Une fois la visite guidée terminée, nous allons prendre un délicieux petit déjeuner dans le plus vieux resto de la ville avec vue sur le port. Au  menu poisson frit... Il n’est que 8 heures, et cela fait du bien de manger! Plus tard, nous nous rendons dans sa maison à “Los Chimus”, minuscule village de pécheurs situé à 20 minutes de voiture de Chimbote.  C’est dans sa belle maison, perchée sur la colline, que je passerai les prochains jours.  L’endroit est tout simplement superbe, offrant une vue magnifique sur la baie, le village et le port.  Ici, la mer a reculé de plusieurs centaines de mètres, dû à une énorme coulée de boue engendrée par le dernier El Nino! On y voit encore les anciens quais a sec, alors que, les nouveaux se font petit a petit submergés. Douce et voluptueuse nature qui reprend ses droits.  L'après-midi, nous allons nous promener sur les berges du port, ou nombre d'embarcations retournent d'une piètre journée, tandis que les condors attendent patiemment les quelque misérables restes.  L'ensemble des journées passées ici se dérouleront dans la tranquillité, à goûter de nombreux plats typiques, dont le fameux “Ceviche” (sorte de carpaccio), le tout autour de passionnantes discussions sur l'économie et la politique du Pérou.  Sans oublier,  les nombreux cocktails à base de pisco et de fruits de la Selva, déshydratant  et costauds!  Les matins à l'aube, nous allons faire un petit jogging sur la plage, accompagnés de « Poncho », son chien.  A cette heure matinale, des milliers de crabes rouge - de la taille d'une main - sortent de la mer pour se rendre dans leurs terriers.  C'est donc une plage toute rouge qui se dessine devant nous, les crabes s'écartant sur notre passage.  Bien entendu, il y a toujours quelques retardataires - ou imbécile? – qui ne bougent pas, nous obligeant à sautiller, histoire de ne pas se faire pincer!  Ici et là, quelques vieux villageois essaient de trouver leurs bonheurs dans les débris échoués durant la nuit. Une bouée, une planche de bois, un reste de filets... Tout est bon à prendre.

 

Je prends ensuite la direction de Trujillo, ou je rejoins Naharb, mon prochain host. Trujillo, c'est une grande ville dynamique située en bord de mer, et comme toutes les grandes villes du Pérou, elle a poussé un peu n’importe comment.  C’est en soi un grand désordre permanent, autant sur les routes que sur les trottoirs. 
Aucun charme! Ici les immeubles de béton ont poussé comme des mauvaises herbes, sans aucune harmonie. 
En revanche, le centre historique, est lui d'une beauté surprenante!  La place d'armes  grande est magnifique, est bordée de maisons et palais coloniaux aux couleurs écarlates.  Vivante, autant en journée qu'en soirée, une oasis de fraîcheur dans cette fourmilière.
A peine le temps de poser mes affaires que nous sommes déjà de sortie.  Nous rejoignons les amis de Naharb, un groupe assez marrant composé de Péruviens, d’Autrichien, de Portugais et d’Andorran.  Nous passons l'ensemble des soirées dans les bars des environs à chanter et danser.
Les journées, je profite pour  visiter la ville et ces environs, notamment le fabuleux site de "Chan Chan", tout simplement la plus grande cité en Adobe des Amériques, s'étalant sur plus de 20 km carré et datant du XII siècle.  Celle-ci - ancienne capitale de l'empire Chimus - ressemble a un énorme château de sable, rongé par l'air du temps et de la mer.  Il aurait apparemment fallu aux Incas 10 ans de siège pour finalement réussir a soumettre ce peuple en les privant d'eau!  Le site est superbe, malgré qu’il ne ressorte pas vraiment bien sur les photos... La visite dure plusieurs heures, sillonnant dans l'une des 9 citées que compte l’ensemble du site.  On passe par de grandes places de sacrifices, des temples, une oasis, des palais, des habitations et un cimetière ou se trouve le clou de la visite: la tombe du dernier empereur, enterré avec toutes ces femmes (27), est toute sa garde personnelle (afin de le protéger dans l’autre vie). Autant dire qu’être proche de l’empereur était un fardeau plus qu’un privilège...

 

Quelques jours plus tard, je prends finalement la direction de Chiclayo, autre grande ville située en bord de mer.  Ici je rejoins « Ron », mon hôte, et  fais la connaissance de plusieurs personnes : Karin (péruvienne), Eugénie et Vanessa (Argentines), Pedro (Colombien).  C’est avec eux , que je passerai les prochains jours à visiter la ville et ses trésors, créant de belles amitiés.  La maison de Ron est un petit studio ou nous nous tassons à 6!  L’ambiance y est géniale, très décontractée et nous y vivons en collation, partageant  tout et préparant chaque repas ensemble. Ma première journée, je me rends à « Pimentel » (petite station balnéaire) en compagnie de Karin, l’occasion pour moi de découvrir enfin les fameux « caballitos de totora », ces petites embarcations de pêches faites de roseaux. La méthode de construction date de plus de 2000 ans. Les pêcheurs y montent, comme ont monte sur un cheval… d’où leurs noms. Nous rentrerons de la journée complètement cramés, malgré les plusieurs couches de crème solaire.
Le lendemain, nous nous rendons au  musée de « Tumbas reales de Sipan » qui renferme tout simplement les trésors de la plus grande découverte archéologique faite au Pérou depuis moins de 50 ans!  Le musé (interdisant les photos) renferme d’extraordinaire pièces provenant des tombes de plusieurs seigneurs  Sipan.  Plusieurs heures pour faire le tour des différentes pièces exposées, toutes en or!  Des masques, des couronnes, des capes cérémonielles, des calendriers, bijoux, armes, décorations… en or… pur et dur! A couper le souffle… on a du mal à croire que ce que l’on voit est bel et bien réel... Et pourtant!!!

 

Nous visiterons également, le site de « Tucumes » situé à quelques kms au Nord de Chiclayo. Ce site est constitué de plusieurs pyramides en adobe, de plusieurs centaines de mètres de long et de large, pour quelques dizaines de mètres de hauteur. En tout c’est environ une dizaine de pyramides qui composent le site. L’ensemble de ces pyramides formaient le centre de l’empire, certaines d’entre elles en tant que temples, d’autres des palais, et d’autres encore des centres administratifs. Les pyramides étant en Adobe (sorte de terre cuite), elles ont beaucoup souffert des aléas du temps.  A vrai dire, de loin (et même de près) elles ressemblent plus à de grandes collines de terre sèche qu’a des monuments.  Néanmoins, il y règne ici une atmosphère particulière… on a envi d'y rester des heures!